• Fin 2025, le marché européen des fruits et légumes surgelés fait preuve d’une résilience remarquable, surmontant les défis macroéconomiques et le changement climatique tout en répondant aux exigences des consommateurs en matière de nutrition abordable et durable.
Selon Euromonitor, le marché des produits surgelés en Europe de l'Est représentait 2,64 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 4,4 % par rapport à l'année précédente, témoignant d'une maturation plus équilibrée du secteur. L'Europe de l'Ouest conserve sa position dominante, avec un marché évalué à 12,88 milliards de dollars, en progression de 3,7 %, offrant ainsi de nombreuses opportunités d'innovation et d'expansion régionales. Ces chiffres mettent en évidence un marché total des produits surgelés en Europe atteignant 102,84 milliards de dollars, avec des projections de croissance annuelle de 5,26 % jusqu'en 2030.
Des disparités régionales persistent, mais révèlent un potentiel de convergence important. En 2025, les dépenses moyennes par habitant en fruits et légumes surgelés atteignaient 8,5 dollars en Europe de l'Est, contre 24,8 dollars en Europe de l'Ouest – un écart qui souligne le fort potentiel de croissance des marchés émergents, où l'adoption rapide des produits surgelés pourrait combler le fossé nutritionnel et économique. Cette tendance est amplifiée par un marché européen des fruits surgelés estimé à 9,33 milliards de dollars en 2025, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 4,98 % jusqu'en 2033, porté par les régimes alimentaires à base de plantes et la demande croissante d'options plus saines. prêt à manger.

Le marché américain, avec des influences sur le marché européen
Aux États-Unis, la loi SHOPP, soutenue par les deux partis et réintroduite en mars 2025 par les deux chambres du Congrès, représente une avancée décisive vers une démocratisation de l'accès aux produits surgelés sains. Ce texte vise à moderniser les politiques du ministère de l'Agriculture (USDA) afin d'inclure les fruits et légumes surgelés dans les programmes d'aide gouvernementaux, permettant ainsi à des millions de ménages à faibles revenus d'accéder à des aliments nutritifs. Les avantages de la congélation – durée de conservation prolongée, faible coût et disponibilité constante – sont perçus comme des solutions pratiques pour réduire le gaspillage et promouvoir une alimentation équilibrée, sans engendrer de coûts supplémentaires pour les programmes fédéraux. Bien qu'encore à ses débuts, cette loi pourrait indirectement influencer les tendances européennes, en stimulant les exportations et en améliorant les normes de qualité.
La consommation de fruits et légumes frais dans l'UE devrait rester stable ou légèrement augmenter jusqu'en 2035, selon les projections de la Commission européenne, grâce notamment aux campagnes de sensibilisation mettant en avant les bienfaits d'une alimentation riche en végétaux. D'ici 2035, la consommation moyenne d'oranges fraîches est estimée à 13,3 kg par habitant, tandis que celle des pommes atteindra 14,7 kg, soit une augmentation annuelle de 0,4 %, grâce à des variétés innovantes adaptées aux préférences des consommateurs. La consommation de pêches et de nectarines se maintiendra autour de 6,1 kg, et celle des tomates à 15,2 kg, avec une préférence croissante pour les variétés à grignoter, reflétant une tendance vers des produits pratiques. Ces évolutions complètent le rôle des produits surgelés, qui offrent une disponibilité tout au long de l'année sans compromis sur leurs qualités nutritionnelles.

Production sous pression
L’Europe du Sud-Est, pilier de la production régionale, a connu des difficultés majeures en 2024 en raison de la vague de chaleur prolongée et des pluies extrêmes, qui ont réduit la récolte de fruits de près de 10 %, à 2,65 millions de tonnes, et la récolte de légumes de 2 %.
En Hongrie, la production de pommes a chuté de 40 % et celle de maïs doux de 18 %, tandis que la Croatie a enregistré une baisse de 25 % pour les légumes. Cependant, les exportations de fruits ont légèrement progressé pour atteindre 389 000 tonnes, la Hongrie se distinguant par ses melons. Les exportations de légumes, quant à elles, se sont stabilisées à 238 000 tonnes, la Roumanie étant le seul pays à afficher une légère hausse, notamment pour les concombres destinés au marché allemand. Les importations ont légèrement augmenté, dominées par les bananes et les tomates, ce qui aggrave le déficit commercial.
Le taux d’autosuffisance a diminué à 64 % pour les fruits et à 78 % pour les légumes, mais demeure élevé, témoignant d’une certaine résilience. Pour 2025, les tendances se stabilisent : la récolte totale de légumes de l’UE a atteint 62,2 millions de tonnes en 2024, soit une hausse de 6 %, principalement grâce à l’Espagne (14,8 millions de tonnes), l’Italie (13,9 millions) et la France (5,8 millions), ce qui laisse entrevoir une reprise régionale dans le Sud-Est grâce aux investissements dans la résilience climatique.

Le consommateur dicte la tendance
Selon le rapport, la perception des consommateurs européens à l'égard des aliments surgelés a évolué positivement en 2025. « Congelé au premier plan » par Nomad FoodsD'après une enquête menée auprès de plus de 7 500 personnes au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et en Suède, près de 63 % estiment que les produits surgelés sont aussi nutritifs que les produits frais, et 21 % reconnaissent la supériorité de la surgélation pour la préservation des nutriments, notamment dans les légumes comme les petits pois. Cependant, le scepticisme persiste chez les 18-24 ans : seuls 28 % des Allemands acceptent cette équivalence nutritionnelle.
Le côté pratique est primordial : 42 % des adultes intègrent des aliments surgelés à leurs repas deux à quatre fois par semaine, et 41 % des 25-34 ans souhaitent un congélateur plus grand. Des innovations telles que les gammes Steamfresh de Birds Eye ou les produits de la mer de Findus proposent des saveurs du monde entier et une teneur élevée en fibres, un succès renforcé par la popularité des fours à convection, présents dans 61 % des foyers britanniques.

Le développement durable devient un facteur clé : près de la moitié des Européens optent pour les aliments surgelés afin de réduire le gaspillage alimentaire (59 % au Royaume-Uni), misant sur leur longue durée de conservation, l’absence de conservateurs et l’utilisation d’ingrédients présentant des imperfections esthétiques, comme la gamme « UGLIES » de BelvivaAvec 59 millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année dans la région, la congélation s'impose comme un atout majeur pour atteindre les objectifs environnementaux. Des plateformes comme TikTok, le 12e plus grand site de vente de produits alimentaires en ligne du Royaume-Uni, popularisent les recettes à base de produits congelés et les astuces pour la friteuse à air chaud, faisant du congélateur un symbole de la résilience alimentaire moderne.
En conclusion, d'ici fin 2025, le secteur des surgelés en Europe se positionne comme une solution intégrée aux pressions actuelles que sont l'inflation, l'inquiétude climatique et le rythme de vie effréné. Avec une croissance organique prévue de 1 à 3 % pour Nomad Foods et un marché total atteignant 132,88 milliards de dollars d'ici 2030, les opportunités sont nombreuses pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. L'adéquation aux tendances nutritionnelles, réglementaires et de développement durable définira l'avenir de ce secteur, positionnant les surgelés non seulement comme une alternative, mais aussi comme un pilier d'une alimentation européenne saine et responsable.

Étude réalisée à partir de données Euromonitor, Aliments nomades.
Article rédigé par Gabriela Dan, rédactrice en chef Arta Albă
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