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Entretien avec Nicoleta Blagu, La Lorraine Roumanie et Viorel Ognean, Lantmannen Unibake Roumanie et SE Europe

• Nicoleta Blagu : "Entourez-vous des bonnes personnes, celles sur qui vous pouvez compter, qui vous aideront et évolueront avec vous.
Viorel Ognean : « J'ai été attiré par le défi de réaliser quelque chose qui ait un impact sur le pays et la région dont nous faisons partie. C'est ce qui m'a convaincu d'entrer dans ce secteur. »
• En dialogue avec deux dirigeants qui incarnent la force de deux entreprises importantes du secteur roumain de la boulangerie-pâtisserie, chacune avec une empreinte distincte, mais unies par la même passion pour les produits authentiques et de qualité.
• Interview réalisée dans le cadre du podcast "Du four vers l'avenir", créé par Puratos pour mettre en avant les personnes et les entreprises qui développent l'industrie de la boulangerie et de la confiserie en Roumanie.

Nicoleta Blagu, directrice générale En Lorraine RoumanieLa Lorraine est à la pointe du développement d'une présence parmi les plus dynamiques du secteur de la boulangerie-pâtisserie. Forte d'une gamme étendue, elle allie le savoir-faire des produits de boulangerie à des spécialités pâtissières haut de gamme, adaptées aux exigences du consommateur moderne.

Viorel Ognean, Directeur Général Lantmannen Unibake Roumanie et l'Europe du Sud-Est, ont apporté une solide expérience internationale au marché local, en prenant la direction d'une opération qui investit constamment dans la capacité de production, la qualité et l'innovation dans le segment du pain et des produits de boulangerie.

Ensemble, ces deux exemples illustrent parfaitement comment les entreprises à vision internationale parviennent à s'implanter sur le marché roumain, en respectant les goûts locaux tout en anticipant les tendances futures.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

1. J'aimerais revenir un peu en arrière et vous interroger sur le goût de l'enfance que nous portons tous en nous. Quel est-il pour vous ? Est-ce une pâtisserie ou une confiserie en particulier ?

Nicoletta : Mes vacances d'enfance se passaient au village, dans la cour de mes grands-parents. Le goût que je porte encore en moi et qui m'accompagne au quotidien est celui du pain que ma grand-mère préparait selon des méthodes traditionnelles : le levain était fait maison et la pâte levait du soir au matin, avant d'être enfournée dans un four paysan, probablement en pierre, qui pouvait contenir deux ou trois miches et un cozonac. C'étaient de gros pains ovales, pesant sans doute deux kilos. Je ne saurais l'estimer aujourd'hui, mais à l'époque, enfant, ils me paraissaient énormes. Pendant une semaine entière, toute la famille mangeait le même pain qui, conservé au frais dans le garde-manger, gardait toute sa fraîcheur. Et le souvenir de ce pain, cuit dans le four de mes grands-parents, m'accompagne encore aujourd'hui lors de toutes nos réunions de famille. vers les testsDès que nous goûtons ou innovons quelque chose à l'usine, dès que nous regardons le marché et découvrons de nouvelles saveurs, mon subconscient compare toujours ces miches de pain avec ce que je savais depuis l'enfance que représentait le pain.

Et pour ne pas m'arrêter au pain, côté sucré, je retrouve cette même nostalgie, notamment celle des beignets que ma mère préparait à la maison. Ces petits gâteaux ronds, faits d'une pâte toute simple et cuits à l'huile, étaient le dessert par excellence chez nous. Préparés en un clin d'œil, saupoudrés d'un peu de sucre, on les dégustait avec toutes sortes de confitures maison, faites elles aussi par ma grand-mère ou ma mère. C'est fascinant de constater que ces saveurs de mon enfance se mêlent aujourd'hui à mon quotidien.

ViorelSi je devais évoquer mon expérience à la boulangerie, mon histoire est très similaire. Enfant, je passais presque toutes mes vacances, et même mes périodes de maladie, chez mes grands-parents à la campagne. À une trentaine de kilomètres de Târgu Mureș, dans un village hongrois, vivaient mes grands-parents, des gens très économes qui faisaient aussi leur pain maison. Ils possédaient un très grand four qu'ils chauffaient uniquement au bois, un bois spécifique qui brûlait à l'intérieur pour atteindre une température précise. Le pain était cuit sur des feuilles de chou, soigneusement sélectionnées, préparées et conservées pour chaque fournée. Si petit que j'étais à l'époque, je me souviens avoir toujours rêvé de tenir le manche de cette grande pelle en bois avec laquelle ils enfournaient le pain. Le pain de la région était encore ainsi : une miche de 2 ou 3 kg, dont on battait la croûte après la cuisson. Cette tradition perdure encore aujourd'hui.

Côté sucré, les gâteaux étaient la spécialité de ma grand-mère, qui savait en préparer une multitude de variétés. Cependant, le souvenir le plus marquant pour moi restait la préparation du cozonac en fin d'année, à Noël puis au Nouvel An. Ma grand-mère le cuisinait dans une grande casserole, d'où elle prélevait la pâte, la façonnait et préparait la traditionnelle garniture aux noix. Elle en faisait beaucoup, car, étant une famille nombreuse, nous nous réunissions souvent et le cozonac était alors consommé en grande quantité. Les restes n'étaient jamais gaspillés : ils étaient toujours mis à part dans un sac en lin ou en chanvre, à un endroit où ils pouvaient sécher naturellement sans moisir. Une fois par semaine, ma grand-mère préparait également un pudding extraordinaire à base de cozonac, composé de couches de tranches de cozonac imbibées de lait vanillé, entre lesquelles se trouvait un… couche Une très fine couche de confiture de prunes locale. Par-dessus, une mousse de blanc d'œuf aux framboises, issues de leur propre production, bien sûr. Enfin, un peu de cannelle saupoudrée sur le pudding, puis enfourné. Difficile de résister à un tel dessert…

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

2. Nicoleta, vous avez évolué d'un autre poste au sein de l'entreprise vers la direction régionale, et Viorel, vous avez rejoint l'entreprise après une carrière internationale dans d'autres domaines. Qu'est-ce qui vous a conduits chacun à choisir cette nouvelle voie ?

Nicoletta : Dans mon cas, ce fut une heureuse conjonction de facteurs : une expérience professionnelle au sein de l’entreprise – j’étais déjà directrice financière chez La Lorraine depuis plus de dix ans – mais aussi une expérience extérieure, acquise grâce aux activités que j’ai menées avant de rejoindre La Lorraine. À cela s’ajoutait ma capacité à relever les défis inhérents à la vie professionnelle. J’ai toujours abordé les défis avec ambition et courage, avec la volonté de progresser chaque jour et d’apprendre de mon entourage. Tous ces éléments se sont conjugués à ma passion pour le pain. Il était donc naturel de choisir ce secteur, d’y occuper différents postes et, finalement, pourquoi pas, de diriger une entreprise florissante comme La Lorraine.

Viorel : Je n'avais pas la moindre idée que je travaillerais dans ce secteur. D'abord, parce que j'ignorais l'identité de mon employeur, qui me recherchait par le biais d'une agence de recrutement. À ce moment-là, c'était le défi qui comptait le plus. Mon employeur venait de finaliser l'acquisition d'une usine en Roumanie, dotée d'une ligne de production. Nos échanges ont donc porté sur les moyens de développer cette activité pour toute l'Europe du Sud-Est.

La gamme de produits que mes employeurs avaient acquise au moment de mon embauche était une gamme de pains à hamburger et à hot-dog. À cette époque, je ne pensais pas forcément à la boulangerie-pâtisserie en tant que telle, mais plutôt au défi de contribuer au développement du pays et de la région. C'est ce qui m'a convaincu d'intégrer ce secteur.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

3. Vous dirigez deux des plus grandes entreprises de boulangerie de Roumanie. Si l'on remonte 10 à 15 ans en arrière, les Roumains étaient extrêmement sceptiques quant au concept de concours de pâtisserie (Boulangerie surgelée). Comment avez-vous, chacun à votre poste, réussi à changer cette perception et à démontrer au marché que la technologie moderne peut en réalité préserver la qualité, et non la sacrifier ?

Viorel : Je tiens tout d'abord à exprimer ma gratitude et mon respect pour le travail accompli par La Lorraine et Macromex à l'époque, travail qui a permis l'ouverture de ce marché. C'est grâce à eux que ce segment de marché existe aujourd'hui. Bien sûr, d'autres acteurs, plus modestes, étaient présents, mais s'il faut désigner celui qui a donné le ton à ce marché, c'est bien la belle histoire de Macromex, soutenue par La Lorraine, qui a bâti ce segment.

Nicoletta : Ce fut une véritable réussite. Macromex, alors le plus grand distributeur de produits surgelés en Roumanie, ne proposait pas de pain et cherchait un partenaire pour se développer sur ce marché. C’est ainsi qu’a débuté la collaboration avec La Lorraine République tchèque.

Au départ, La Lorraine ne possédait pas d'usine en Roumanie. La Lorraine République tchèque, important fabricant d'Europe de l'Est, livrait les produits en Roumanie, et Macromex se chargeait de la distribution. Après un certain temps, les bases d'une collaboration officielle entre les deux entreprises furent posées, donnant naissance à la société La Lorraine Roumanie, et la production fut transférée de République tchèque en Roumanie.

Nous avons commencé timidement avec une gamme de petits pains, une gamme de baguettes, puis, année après année, le marché a connu un succès bien supérieur à ce que nous avions pu imaginer au moment de la création de l'entreprise. joint-ventureLe plan d'affaires que nous avions initialement élaboré pour cinq ans a été réalisé en seulement deux ans, ce qui a entraîné une explosion du marché. Les consommateurs ont très bien accueilli cette offre et nous devons également saluer le rôle des grandes chaînes de magasins sans lesquelles, bien sûr, nous n'aurions eu aucun débouché pour nos produits.

La production locale était certes un élément important, mais la collaboration avec les détaillants, déjà au fait des évolutions en Europe occidentale, et leur ouverture à ces propositions, a été essentielle. Ensemble, nous avons pu expliquer au consommateur la signification et les avantages de ces initiatives. concours de pâtisserie Pour eux. Nous apprécions tous d'entrer dans un magasin et d'y trouver absolument tout ce que nous désirons, y compris du pain, et non pas du pain emballé rassis, mais du pain frais du jour, matin, midi et soir. C'est un atout considérable pour le consommateur, qui, bien entendu, est conquis presque instantanément.

La croissance du marché a été progressive et a nécessité des investissements supplémentaires pour répondre à cette croissance constante. Par ailleurs, les goûts se sont affinés avec le temps, mais nous pouvons affirmer avoir réussi à sensibiliser le consommateur et à l'habituer à consommer du pain frais à tout moment de la journée, ce qui représente un avantage considérable pour lui.

Viorel : Je dirais que c'est une étape très importante que plusieurs acteurs du marché s'investissent dans l'éducation des consommateurs et l'explication du concept de concours de pâtisserie, car nous rencontrons encore souvent des gens qui disent : «Congelé ? Ce n'est pas bon ! Pourquoi est-ce congelé ?»

Le concept même de "congelé" Cela a pris une connotation négative car, par le passé, des acteurs du secteur, qui n'avaient pas les capacités de faire ce que nous faisons, ont annoncé haut et fort : « Ce produit n'a pas été congelé auparavant. »Comme si le gel était quelque chose de mauvais.

C'est souvent une surprise d'apprendre que la congélation n'est en réalité qu'une méthode de conservation permettant de transporter le pain jusqu'au lieu de cuisson finale. Dans ce cas, il est donc inutile d'ajouter des conservateurs. Il y a un monde entre cette idée et l'affirmation que les produits de boulangerie congelés sont mauvais. Notre rôle est de communiquer et d'informer sans cesse un nombre croissant de personnes, afin de leur expliquer pourquoi cette méthode est bien meilleure pour la santé et comment elle nous permet de proposer du pain frais à tous nos consommateurs, quasiment à tout moment.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

4. Selon vous, comment les préférences des consommateurs roumains ont-elles évolué ? Comment les percevez-vous aujourd’hui ? Qu’attend le consommateur roumain d’un produit de boulangerie ?

Viorel : Il veut du pain sain, mais surtout savoureux. Et en même temps, il le veut le plus frais possible, au moins chaud, tout juste sorti du rayon. Et si possible, vraiment pas cher. C'est une réponse à la fois sérieuse et humoristique, bien sûr.

Notre consommateur n'est absolument pas isolé. La Roumanie n'est pas entourée de murs qui l'isolent ; elle subit donc l'influence de tous les pays voisins, voire de certains plus éloignés. Cela dépend aussi des régions, avec parfois des particularités, même si les différences restent minimes. Mais nous sommes également influencés, comme les pays d'Europe occidentale, par la même tendance, notamment en période de produits ethniques ou d'autres innovations qui apparaissent régulièrement. Prenons l'exemple du célèbre Pain naanCe qui semblait être une tendance il y a deux ans ne nous a pas encore touchés. Bien que certaines tendances internationales apparaissent ici, certaines ne nous atteignent pas tout simplement parce qu'elles s'estompent là où elles étaient relativement importantes. Par ailleurs, on observe cycliquement une tendance au retour aux traditions, à des produits qui ressemblent, voire tentent de reproduire, ce qui était fabriqué il y a 30 ou 40 ans : des miches réinventées aux pains à croûte épaisse, battus ou non. Mais je ne crois pas que nous ayons une véritable originalité en matière de pain. Nous proposons ce que tout le monde propose : des influences et, comparés à la tradition, des produits qui méritent d'être réédités.

Nicoletta : Je partage entièrement la conclusion de Viorel. On observe l'émergence de mégatendances internationales que les Roumains adoptent très rapidement, les intégrant à leur mode de vie, notamment grâce aux nombreux voyages actuels. Beaucoup de Roumains partent en vacances à l'étranger, découvrent de nouvelles variétés, puis les recherchent en Roumanie. Et bien sûr, lorsqu'on peut les proposer sur le marché roumain, elles rencontrent un franc succès.

On observe des tendances en matière de santé : les Roumains sont de plus en plus soucieux de leur santé et lisent attentivement les étiquettes des aliments qu’ils consomment, voulant savoir ce qui les compose. Cela vaut également pour le pain et les viennoiseries. On vérifie si le pain contient de la levure, c’est une tendance majeure. Beaucoup de gens ignorent la différence entre la levure de boulanger et la levure de boulangerie. C’est à la mode, c’est… branché On achète du pain au levain, mais celui-ci présente aussi des avantages pour la digestion, en plus de la saveur et de la fraîcheur qu'il apporte. Un pain au levain se conserve plus longtemps et garde son humidité plus longtemps. On observe des tendances liées aux semences et aux fibres, originaires de l'étranger, qui s'acclimatent très bien ici.

Nous nous efforçons de suivre ces tendances et, bien sûr, nous y parvenons. Par ailleurs, notre rôle est aussi de proposer au client des produits auxquels il n'aurait même pas pensé. Je pense notamment à des innovations comme le pain de blé dur, pour lequel personne n'aurait imaginé ni demandé ce produit. Si l'on menait une étude de marché sur les attentes des consommateurs en matière de pain, personne n'aurait mentionné vouloir du pain à la farine de blé dur, car personne ne savait même ce que c'était.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

Cette farine est produite à partir d'une variété de blé spécifique qui ne pousse que dans les régions chaudes, méditerranéennes, comme en France, en Italie et en Grèce. C'est pourquoi, là-bas, les produits à base de blé dur sont bien plus développés qu'ici. Cultiver cette variété de blé est très difficile dans notre région. C'est un blé plus cher, mais la farine qui en est issue possède une qualité de gluten supérieure, une teneur plus élevée en protéines et les produits qui en sont issus sont exceptionnels. Nous avons déployé beaucoup d'efforts pour développer une gamme de pains avec cette farine et elle a rencontré un franc succès sur le marché. Les consommateurs l'ont très bien accueillie, malgré son prix plus élevé.

Vous avez dit, Viorel, que le Roumain regarde aussi le prix. Absolument ! Mais lorsqu'il trouve un produit de qualité, il est prêt à dépenser un peu plus pour récompenser cette qualité. Par ailleurs, oui, nous constatons une combinaison de tradition et d'innovation. Nous nous inspirons de la tradition et y apportons une touche d'innovation, ce qui donne naissance à des produits totalement inédits, aux associations de saveurs surprenantes.

C'est quelque chose que les Roumains apprécient : ils sont prêts à essayer de nouvelles choses, même si, de temps en temps, ils reviennent aux saveurs traditionnelles, comme celle du pain de grand-mère. Mais c'est bien d'avoir un choix plus large, et c'est ainsi que nous développons constamment le marché de la boulangerie-pâtisserie. De plus, en pâtisserie, nous pouvons jouer avec beaucoup plus de saveurs et d'ingrédients, en suivant toutes sortes de tendances. Il y a eu la pistache, maintenant c'est le yuzu, puis toutes sortes d'associations de fruits, de chocolat… c'est une palette infinie de combinaisons possibles.

5. De nos jours, les consommateurs n'achètent plus seulement un produit, mais regardent aussi l'entreprise qui produit le produit qu'ils choisissent en rayon. Lantmannen et La Lorraine sont toutes deux reconnues internationalement pour leurs politiques rigoureuses en matière de développement durable et de traçabilité. Comment cette démarche écologique et durable s'accorde-t-elle avec la réalité de la production de masse à très grande échelle ? Est-elle source de coûts supplémentaires ou est-elle déjà devenue un moteur de croissance pour l'entreprise ?

Viorel : En tant qu'entreprises, nous sommes surtout connus dans nos secteurs d'activité, et non du consommateur final. En effet, notre production de pain est très limitée, voire inexistante. Il existe des exceptions, comme notre gamme de pains Natur'A, ainsi nommée car elle est élaborée exclusivement à partir d'ingrédients naturels. Le plus souvent, cependant, la personnalisation de nos produits passe uniquement par leur présentation. Ainsi, la marque existe entre nous et nos partenaires, ceux qui distribuent notre pain en magasin. C'est là que la question de notre engagement en matière de développement durable prend tout son sens.

Tout d'abord, notre démarche durable repose sur une production locale, ce qui réduit notre empreinte carbone puisque le pain n'est pas importé. Ensuite, nos méthodes de production contribuent à notre durabilité, qui se reflète dans nos produits et dans la manière dont nous les valorisons. Nous avons un engagement fort pour proposer des produits sains à nos consommateurs : ils contiennent toujours 3 % de fibres, sont pauvres en sel et sans sucre dans notre gamme de pains.

Parallèlement, une part importante de notre empreinte carbone provient de la production de notre matière première, la farine. Nous n'avons pas de contrôle direct sur ce processus, mais nous assumons notre responsabilité et collaborons avec le meunier, les agriculteurs et leurs associations afin de promouvoir une agriculture durable. C'est ainsi que nous pouvons influer sur l'empreinte carbone du produit fini. Nous portons une attention particulière à nos méthodes de production : nous avons installé des panneaux photovoltaïques sur notre usine, nous maîtrisons notre consommation et nous gérons nos ressources au mieux. Mais il y a aussi le meunier derrière nous, et derrière lui, les agriculteurs. C'est ainsi que nous concevons le développement durable.

Nous sommes donc attentifs à la manière dont nous transportons nos produits vers nos clients et nous les impliquons dans la discussion sur ce sujet, afin de commercialiser des produits aussi durables que possible. Où en sommes-nous dans l'évolution de cette réflexion ? Selon le client, le canal de distribution et divers autres facteurs, nous pouvons être plus ou moins avancés.

En réalité, la durabilité est devenue un mot à la mode Depuis des années, certains parlent plus et agissent moins, d'autres agissent plus et parlent moins ; toutes les combinaisons existent sur le marché, et pas seulement dans notre secteur, mais dans l'ensemble de l'industrie. Nous essayons d'être aussi responsables que possible, de ne pas prétendre faire ce que nous ne faisons pas (c'est-à-dire de ne pas atteindre cet objectif). écoblanchiment) et lorsque nous faisons quelque chose, nous pouvons le prouver par un certificat.

Et c'est là que ça se complique, car tout le secteur du développement durable, si on peut l'appeler ainsi, nécessite encore une réglementation et des organismes qui certifient qu'une certaine empreinte carbone correspond bien à ce qui est déclaré.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

Le développement durable comme effort collectif

Nicoletta : Je partage entièrement l'avis de Viorel. Nous suivons exactement les mêmes étapes et nous nous intéressons aux mêmes aspects. J'ajouterais cependant quelques éléments liés à nos valeurs d'entreprise et à l'engagement pris non seulement par la génération actuelle de la famille à la tête de l'entreprise envers la suivante, mais aussi par tous ceux qui y travaillent, dans tous les pays où nous sommes présents. Et personnellement, en tant que mère, dans chacune de mes décisions professionnelles, je pense à l'avenir que je souhaite laisser à mon enfant, à l'environnement et au monde dans lesquels je souhaite qu'il vive. C'est pourquoi je m'efforce, avec tous mes collègues, de prendre les bonnes décisions.

Ce n'est pas facile du tout et c'est impossible à l'heure actuelle sans une action concertée tout au long de la chaîne de production, de distribution et de consommation. Nous devons tous prendre conscience qu'il ne peut en être autrement et que chacun devra apporter sa contribution. Bien sûr, au niveau de l'entreprise, nous avons clairement défini nos ambitions et, derrière ces ambitions, nous avons mis en œuvre des projets sur lesquels travaillent nos équipes. l'agriculture durableAu niveau européen, des comités sont déjà en train de se former pour travailler en collaboration avec ces agriculteurs.

En Roumanie, nous n'en sommes qu'aux prémices par rapport à l'Europe occidentale, mais nous progressons. Il est de notre devoir, en tant que leaders et acteurs majeurs du marché, de collaborer avec les acteurs de la filière céréalière et meunière afin d'accélérer cette transition. Produire localement est un atout considérable, notamment pour réduire notre empreinte carbone grâce aux économies réalisées sur le transport. Nous privilégions également l'utilisation de matières premières locales.

La quasi-totalité, voire 99 %, des matières premières utilisées dans nos usines sont produites ici, en Roumanie. Nous sommes également attentifs à nos activités et à la réduction de nos déchets. Bien entendu, aucune production n'est exempte de déchets, mais nous nous efforçons de gérer au mieux ceux générés par notre activité. Par exemple, 100 % du carton utilisé pour nos emballages est du carton recyclé.

Compte tenu des spécificités de notre secteur, nous sommes de grands consommateurs d'énergie. Par conséquent, nous analysons notre consommation énergétique et, comme l'a dit Viorel, si nous ne pouvons pas avoir nos propres parcs solaires, nous nous tournons vers des fournisseurs qui en possèdent et nous nous orientons vers les énergies durables. Nous cherchons également à proposer des produits « Clean label »., dans le sens où nous n'utilisons pas d'additifs et que nos ingrédients sont certifiés conformes aux normes de qualité.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

Planète, Produit, Personnes

Et ce n’est pas tout. À La Lorraine, nous définissons le développement durable à travers les 3P : La chaise, Produit, PersonnesNous avons parlé de notre engagement envers la planète et de nos produits, car nous privilégions la qualité et ne proposons que des produits de boulangerie et de pâtisserie classiques. Mais nous accordons aussi une grande importance aux personnes. Sans elles, rien de ce que nous faisons ne serait possible. Nous veillons à ce que nos collaborateurs évoluent au sein de l'entreprise dans un environnement respectueux, où ils ont la possibilité de se développer, d'apprendre chaque jour et de s'épanouir tant sur le plan personnel que professionnel. Cet aspect est primordial pour nous : nous avons besoin d'une équipe soudée, de personnes qui aiment travailler et s'épanouir à nos côtés.

Viorel : Nous sommes très similaires dans notre organisation, notre philosophie, notre approche et nos efforts pour respecter la nature et toutes les personnes avec lesquelles nous travaillons, qu'il s'agisse de collaborateurs, de fournisseurs ou de clients. D'ailleurs, lors d'une grande conférence sur le développement durable l'an dernier, nous avons fait front commun avec La Lorraine afin de promouvoir cette cause et nos ambitions de réduction de l'empreinte carbone mondiale.

J'ajouterais que, grâce à l'expérience des 18 000 agriculteurs suédois, actionnaires du groupe Landmannen à l'échelle mondiale, nous connaissons précisément l'empreinte carbone des cultures et de l'agriculture céréalière. Comme ils cultivent principalement des céréales, et qu'ils élèvent également des animaux ou cultivent d'autres produits, mais que les céréales représentent la part la plus importante, nous disposons de ces données. savoir-faire que nous essayons de mettre en œuvre dans tous les pays où nous pouvons interagir avec les agriculteurs, leur expliquer ce qu'il faut faire et ce que cela signifie. agriculture durable, de sorte que nous pouvons déjà en couvrir la majeure partie à la source, car environ 60 à 70 % de l'empreinte carbone totale d'une miche de pain provient en réalité de agriculture.

D'un autre côté, nous ne sommes pas responsables devant une famille, mais devant les 18 000 actionnaires qui souhaitent tous cette durabilité. En Scandinavie, par exemple, on sait que cette responsabilité de laisser la planète aussi verte que possible à nos descendants est très largement partagée. Et qu'ont fait les agriculteurs ? Eux aussi ont… engagement Réduire de moitié l’empreinte carbone d’ici 2030 et à zéro d’ici 2050.

Or, le plus grand défi réside dans le fait que, ces dernières années, nous avons installé deux lignes de production, et d'autres sont à venir ! De ce fait, notre empreinte carbone augmentera en valeur absolue. Au sein de l'entreprise, des efforts seront déployés pour compenser ce qui est irréversible, comme la surface limitée pour l'installation de panneaux photovoltaïques, ou tout autre facteur permettant de réduire notre empreinte carbone. En valeur absolue, elle augmentera donc, mais nous mettrons tout en œuvre pour respecter notre engagement d'atteindre la neutralité carbone. Cela implique un effort concerté de toutes les parties prenantes et un engagement ferme.

Nicoletta : Et nous avons exactement les mêmes ambitions : réduire de 50 % d'ici 2030 l'empreinte carbone générée par notre propre activité. Et ici, nous nous intéressons à l'énergie, déchets alimentairesNous devons agir sur tout ce qui est en notre pouvoir et atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, ce qui implique de maîtriser l'ensemble de la chaîne de production, en amont comme en aval. Or, 70 % de notre empreinte carbone totale est directement liée à l'agriculture.

L'agriculture doit franchir une étape cruciale, et elle ne le fera que si elle trouve des débouchés pour une farine dont le prix augmentera. Nous pourrons y parvenir lorsque nos partenaires commerciaux, les détaillants, se joindront à nous. Un effort concerté de tous les acteurs, des plus petits aux plus grands, est indispensable ; individuellement, rien n'est possible.

En matière de développement durable, certaines actions ne coûtent rien. Nous en sommes conscients et nous nous efforçons de les mettre en œuvre, d'autant plus qu'elles sont gratuites. D'autres activités, en revanche, engendrent des coûts considérables. Actuellement, cet équilibre entre coût et bénéfice représente un défi, mais il prendra une importance croissante à mesure que la sensibilisation se développera au sein de la chaîne. À ce moment-là, les mieux préparés l'emporteront. C'est précisément ce que nous faisons : nous nous préparons, nous analysons la situation en profondeur, nous agissons par petites étapes constantes et cohérentes, et nous nous préparons pour le moment où cela aura également un impact sur notre activité.

Viorel : Ce sont des mesures que nous devons prendre et que nous prenons par devoir, quel qu'en soit le coût. Instinctivement, que ce soit par souci de développement durable ou pour des raisons économiques, tous les acteurs de l'industrie s'efforcent de réduire le gaspillage alimentaire. Car il est toujours regrettable d'avoir un taux de déchets plus élevé que souhaité lors de la production. Or, le gaspillage existe bel et bien : il est dû aux spécifications des produits, aux réglementations, à la législation et aux exigences des consommateurs. C'est de là que vient la lutte constante pour minimiser ce taux. De leur côté, les distributeurs affirment que même les invendus représentent une perte. Nous nous efforçons tous de réduire au maximum ce gaspillage alimentaire.

Le concept même de concours de pâtisserie Cette méthode répond à la nécessité de réduire le gaspillage alimentaire. C'est le seul moyen de contrôler la quantité de pâtisserie préparée à chaque fois. Par exemple, lorsqu'il pleut, il est logique qu'il y ait moins de monde dans les rues pour faire ses courses. Du coup, je fais moins de pâtisserie. Ainsi, avec une bonne organisation, on peut gérer facilement les restes en fin de journée.

Par ailleurs, certains vendeurs connaissent parfaitement le parcours des acheteurs dans chaque catégorie de produits. Car le pouvoir de informatique Il y en a suffisamment et ils peuvent analyser leurs chiffres. Ainsi, chacun peut désormais effectuer ces analyses, comprendre et réduire le gaspillage. Autrefois, dans les boulangeries traditionnelles, le boulanger cuisait la quantité de pain qu'il estimait nécessaire pour la journée ; s'il se mettait à pleuvoir, il se retrouvait avec du pain invendu.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

6. Quels ont été les principaux défis rencontrés lors du développement de vos activités en Roumanie ? Qu’il s’agisse d’investissements importants, d’équipe ou d’adaptation au marché, avez-vous tiré des leçons de ces moments difficiles ?

Nicoletta : Notre secteur est un secteur à forte capitalisation. Les lignes de production de nos usines nécessitent des investissements importants. Cependant, l'accès au financement n'est pas si difficile. Il est également relativement aisé de s'adapter au marché local et de comprendre les goûts des Roumains, qu'ils diffèrent ou non de ceux des consommateurs d'Europe occidentale ou d'ailleurs. Au final, il suffit de dialoguer avec les consommateurs pour connaître leurs besoins.

Mais il était, et reste encore aujourd'hui, difficile de constituer une équipe capable de faire fonctionner certaines lignes industrielles que la Roumanie n'a jamais vues. Il n'existe pas d'écoles en Roumanie formant des techniciens, des opérateurs, le personnel dont nous avons besoin dans nos usines ; nous avons donc dû les former nous-mêmes, en toute sécurité. Les former, leur transmettre des informations, les…vol« Et nous apprenons de nos collègues de République tchèque, de Belgique et de Pologne. »

C'était le plus difficile à faire et maintenir ce niveau de qualité reste un défi. La technologie devient de plus en plus complexe. L'IA s'étend à toutes nos installations, nous ignorons même à quoi elles ressembleront à l'avenir, et nous peinons déjà à gérer le niveau d'automatisation et de robotique des équipements actuels. Si l'on y ajoute l'IA, je me demande bien qui sera capable de les faire fonctionner.

De mon point de vue, constituer une équipe performante, solidaire, créative, motivée à travailler même dans des conditions stressantes et incertaines, et qui assume avec courage les responsabilités opérationnelles au quotidien, a été et reste le plus grand défi. Avec la bonne équipe à vos côtés, les autres difficultés se surmontent. La leçon que j'en ai tirée est l'importance de s'entourer des bonnes personnes, celles sur lesquelles on peut compter, qui peuvent vous aider et évoluer avec vous.

Viorel : Si je devais parler des personnes, je n'aurais pas grand-chose à dire non plus. J'ai eu de bonnes et de moins bonnes expériences. Depuis cinq ans, nous sommes en partenariat avec les autorités pour soutenir les écoles et les classes. Malheureusement, cela a engendré de sérieux échecs, car la plupart des élèves qui suivent une formation en alternance (autrefois appelée formation professionnelle) abandonnent leurs études avant la fin. Nous avons donc récemment décidé de mettre fin à ce projet, car il ne donne aucun résultat.

Pendant longtemps, nous avons cru bien faire en aidant quelqu'un à terminer ses études, qu'il trouve un emploi chez nous ou non, cela nous importait peu. Mais en constatant qu'il n'y parvenait pas, nous avons compris que c'était un gaspillage de ressources et qu'il valait peut-être mieux trouver une autre utilité à ces personnes.

Il est plus constructif de s'adresser à la génération d'étudiants des dernières années, car cela permet de dialoguer avec des personnes qui réfléchissent déjà à leur avenir après leurs études. Parmi eux, nous avons réussi à attirer, dès leurs dernières années d'études, des étudiants désireux de découvrir et d'apprendre ce domaine. Nous avons ainsi découvert des personnes précieuses, qui ont intégré des équipes performantes. Ce processus de développement et d'apprentissage est essentiel : il faut les accompagner, les former, les familiariser avec les systèmes et les processus, afin qu'ils en perçoivent les aspects positifs, qu'ils s'y plaisent et qu'ils restent avec nous.

Comme dans tout secteur, nous faisons appel à de la main-d'œuvre migrante en Roumanie. Certains en sont même à leur troisième séjour de deux ans. Les premiers que nous avons recrutés l'ont été au début de la pandémie, alors que certains employeurs avaient renoncé à les prendre en charge. Ils sont ici avec la plus grande détermination : ils veulent travailler, pouvoir envoyer de l'argent à leur famille, être respectés et vivre dignement en Roumanie. C'est pourquoi ils restent une solution pour nous. La majorité des nouvelles recrues pour la conduite des machines sont précisément ces personnes, ces travailleurs migrants.

Quand je pense aux difficultés, je pense à l'ensemble du pays. L'infrastructure nationale, bien qu'en constante reconstruction, reste problématique pour tout investissement en Roumanie. Et lorsqu'on parle de services publics, de routes, ou du fonctionnement des entreprises en Roumanie, tous ces éléments engendrent des défis différents pour chacun d'entre nous.

Construire et développer davantage l'usine représentait un défi en soi, d'autant plus que dans notre pays, les choses se passent sans délai. Si vous déposez un dossier et attendez une réponse, et que le délai légal est de 30 jours, vous ne l'obtenez jamais ! Et si vous demandez un deuxième avis, vous vous retrouvez face à des situations comme : « Eh bien, non, donnez-moi la demande écrite, dans le dossier avec le rail… »Nous avons encore des souvenirs qu'il nous faut surmonter au plus vite afin de maintenir la volonté d'investir davantage et de développer le pays en Roumanie.

Nicoleta Blagu et Viorel Ognean

Nicoletta : J'entrevois ici une possible différence régionale. Dans l'ouest du pays, où nous sommes implantés, dans la plaine de Turzii, notre expérience a été positive. En matière de partenariat avec les établissements scolaires, nous soutenons avec succès deux filières depuis cinq ou six ans : une filière technique et une filière conduite de ligne. Certes, le décrochage scolaire existe aussi dans cette région, mais il est moins élevé que dans d'autres. Nous aidons ces jeunes par des bourses, dont certains dépendent même, et nous trouvons parmi eux une main-d'œuvre qualifiée, désireuse de poursuivre sa carrière chez nous. Nous avons également des techniciens et des opérateurs de ligne issus de ces filières ; notre expérience est donc différente à cet égard.

Bien sûr, collaborer avec les autorités n'est pas toujours chose aisée. Leurs systèmes sont parfois difficiles à comprendre.

Parallèlement, nous avons pu travailler pendant un certain temps uniquement avec des employés roumains. Nous trouvions suffisamment de main-d'œuvre dans la région. Nous avons également eu recours à des travailleurs étrangers, car en 2018-2019, notre région connaissait une grave pénurie de main-d'œuvre. Cette expérience s'est achevée avant la pandémie. En 2020, les travailleurs étrangers sont rentrés chez eux avec la pandémie et, depuis, nous avons pu nous débrouiller avec des employés roumains.

Nous constatons aujourd'hui que nous avons atteint notre capacité maximale. Nos nouvelles lignes de production nécessitant du personnel supplémentaire, nous devrons à nouveau faire appel à des travailleurs étrangers. Je reconnais qu'ils viennent ici et travaillent dur. Nos Roumains apprennent parfois d'eux la valeur du travail bien fait, et nous leur apprenons aussi à être créatifs et à accomplir leurs tâches.

7. J’aimerais terminer sur une note personnelle et vous demander : si vous pouviez remonter le temps pour vous donner un conseil au début de votre carrière, quel serait-il ?

Viorel : Il est essentiel d'accorder une plus grande importance à votre santé physique, et ce, depuis le début de votre carrière jusqu'à aujourd'hui. En effet, lorsque l'on est très concentré sur ses activités quotidiennes, on a tendance à négliger sa santé et à s'en rendre compte plus tard, parfois bien tard, en réalisant qu'on ne s'en est pas suffisamment occupé.

Nicoletta : Je suis d'accord : quand on est jeune, on a parfois l'impression de pouvoir travailler sans relâche sans que cela n'affecte notre santé, mais ce n'est pas le cas. Je me conseillerais d'être plus détendue. Ce n'est qu'après 20 ou 30 ans de travail qu'on réalise à quel point certaines choses qui nous préoccupent tant quand on est jeune sont insignifiantes… J'aurais aimé ne pas m'inquiéter et stresser autant pour des choses qui, avec le recul, me paraissent aujourd'hui sans importance ou presque. Mais sur le moment, on les perçoit comme le plus gros problème du monde et on les traite comme telles, pour se rendre compte plus tard que ce n'était pas le cas. Et probablement que le niveau de stress qui, au final, affecte notre santé aurait été différent. C'est un conseil que je donne à mes enfants quand je les vois stresser à cause de leurs notes ou de leurs examens.

Interview réalisée par Gabriela Dan, rédactrice en chef d'Arta Albă

Lisez sur l’art blanc et : La transformation du marché roumain de la boulangerie : de la tradition à l'innovation

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