• La Commission européenne propose de limiter l'entrée sur le marché de nouveaux systèmes d'éco-étiquetage, en réponse aux préoccupations concernant la confusion et la méfiance des consommateurs.
L'écoétiquetage, qui mesure l'impact environnemental d'un produit depuis sa production jusqu'à son emballage et son transport, est considéré comme un outil important pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires durables. Ces dernières années, un grand nombre d'écolabels sont apparus sur le marché et la Commission européenne affirme qu'une grande partie de ces labels (on estime qu'il existe actuellement plus de 230 écolabels différents) reposent sur des évaluations insuffisantes.

Dans le but d'éliminer les pratiques frauduleuses en matière d'éco-étiquetage, la Commission propose deux mesures pour réglementer l'éco-étiquetage. Les nouveaux systèmes d'étiquetage ne devraient être approuvés par les États membres que s'ils présentent une meilleure analyse écologique que ceux actuellement sur le marché. Deuxièmement, les nouveaux systèmes d’étiquetage, s’ils ne sont pas développés au niveau européen, devraient être interdits dans l’ensemble du bloc européen.
En ce sens, la Commission s'apprête à présenter son propre cadre pour un étiquetage durable des produits alimentaires. La proposition de la Commission européenne est basée sur sa propre évaluation de 232 écolabels actifs dans l'UE.

Systèmes d'étiquetage réglementés
Les analyses menées par la Commission européenne suggèrent également que les consommateurs n'étaient pas conscients de la distinction entre les labels réglementés par des systèmes de certification tiers et ceux basés sur "autocertifications".
La prolifération de faux écolabels et logos de durabilité a déjà été identifiée comme un problème persistant dans l’Union européenne. Lors d'une consultation publique ouverte, plus d'un quart (27 %) des participants ont convenu que la prolifération et le manque de transparence et de compréhension des logos et labels de durabilité sur les produits et services constituent un obstacle à la responsabilité des consommateurs envers la transition écologique.
Les systèmes d'étiquetage environnemental disponibles sur le marché comprennent, entre autres, Éco-score, Planète-Score et un nouveau système d'étiquetage développé par Foundation Earth. Ils s'appuient sur différentes méthodologies, depuis les analyses de cycle de vie (L'évaluation du cycle de vie – ACV) aux méthodes basées sur l’empreinte écologique.


Aux Pays-Bas, Université et recherche de Wageningen (WUR) il contribue également au développement d'une méthodologie standardisée pour mesurer l'impact des produits alimentaires sur l'environnement. Dr Koen Boone, directeur européen du Consortium for Sustainability et membre du personnel de WUR, est impliqué dans ce projet.
Le chercheur soutient l'approche de la Commission visant à limiter le nombre d'écolabels en établissant des critères minimaux, afin que les consommateurs puissent être sûrs que les labels prouvent réellement l'impact du produit sur l'environnement.
Établir des critères minimaux à respecter
Cependant, il est moins convaincu par l'initiative de la Commission visant à interdire l'entrée sur le marché de nouveaux labels qui ne démontrent pas une explication supérieure de l'impact du produit sur l'environnement par rapport aux autres. "Cela pourrait limiter l'innovation et conduire à une segmentation des consommateurs", a-t-il déclaré à Foodnavigator.
Une étude sur les aspects liés à l'analyse et à la certification des écolabels sur le marché a montré que près de la moitié des contrôles des labels étaient superficiels ou pas du tout effectués.

Planet-Score, un écolabel avec lequel travaillent actuellement plus de 200 marques dans 12 pays de l'UE, est basé sur la méthodologie d'analyse du cycle de vie (ACV), mais aborde également l'utilisation de pesticides, l'impact climatique, la biodiversité et le bien-être animal.
L’équipe qui a développé le système d’étiquetage Planet-Score se dit favorable à une éventuelle interdiction des nouveaux écolabels qui saturent le marché, mais estime en même temps que la diversité et la pluralité sont essentielles pour promouvoir les efforts de développement durable et encourager l’amélioration continue des outils d’évaluation.
Dans la proposition, la Commission suggère l'abandon possible d'une méthodologie standard unique, telle que la méthode de l'empreinte écologique, pour justifier les allégations environnementales pour tous les produits.
L'empreinte écologique du produit (PEF) – une mesure multicritère de la performance environnementale d'un produit ou d'un service tout au long de son cycle de vie – est l'une de ces méthodologies standard actuellement utilisées sur le marché.
Détermination de l'empreinte écologique

Bien que la CE reconnaisse que les méthodes d’empreinte écologique peuvent aider les entreprises manufacturières à identifier les domaines de leurs opérations qui nécessitent des améliorations, elle a conclu qu’elles ne couvrent pas toutes les catégories d’impact pertinentes pour tous les types de produits.
Dans le cas des produits alimentaires et agricoles, par exemple, la Commission a déclaré que la biodiversité et la conservation de la nature au niveau des exploitations agricoles, ainsi que les différentes pratiques agricoles, ne sont pas prises en compte. Cela peut également poser problème avec le poisson et les textiles.
IFOAM Biologique Europe approuve la position de la Commission. "En effet, la méthode PEF n'est pas adaptée à la réalité des systèmes agroalimentaires complexes", a déclaré Jan Plagge, président d'IFOAM. "Le PEF ne prend pas correctement en compte l'utilisation des pesticides, les effets des différentes méthodes de production agricole sur la biodiversité, la qualité des sols, la déforestation ou les limites planétaires."
Concernant les méthodologies à utiliser, IFOAM appelle à un débat ouvert pour trouver les meilleures solutions pour fournir aux consommateurs des informations détaillées, précises et impartiales sur l'impact environnemental des différentes méthodes d'obtention de produits agroalimentaires.

Article rédigé par Gabriela Dan, rédactrice en chef d'Arta Albă
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