• L’industrie roumaine de la meunerie, de la boulangerie et des produits à base de farine traverse depuis de nombreuses années une période marquée par des déséquilibres structurels dans ses relations avec les grandes enseignes de distribution.
Lors de la récente assemblée générale de l'Association roumaine des employeurs des secteurs de la meunerie, de la boulangerie et des produits à base de farine – RUPTUREÀ partir du 12 mars, le mécontentement des fabricants à l'égard des pratiques commerciales des grandes chaînes de magasins a de nouveau été mis en avant.
L'un des problèmes les plus fréquemment signalés concerne les prix d'achat très bas pratiqués par les détaillants pour le pain et autres produits de boulangerie frais. Dans bien des cas, ces prix ne couvrent pas intégralement les coûts de production, qui comprennent les matières premières, l'énergie, la main-d'œuvre, l'emballage et la logistique spécifique aux produits périssables. Il en résulte une pression constante sur les marges bénéficiaires des boulangeries, entraînant parfois des difficultés opérationnelles, voire une réduction de leur capacité de production. Ce secteur, pourtant essentiel à la sécurité alimentaire nationale et au maintien d'un nombre important d'emplois, se trouve ainsi confronté à une vulnérabilité accrue face au pouvoir de négociation disproportionné des grandes chaînes de distribution.
Dans ce contexte, le ministre Agriculture et développement ruralFlorin Barbu a maintes fois affirmé, notamment lors de dialogues avec les représentants du secteur, qu'un travail intensif est mené pour identifier des solutions équitables. Parmi les pistes explorées figurent des mécanismes de plafonnement des marges commerciales en période de forte inflation (supérieure à 5-6 %), l'harmonisation des marges sur les produits similaires et la limitation des pratiques favorisant excessivement les marques de distributeur. Bien que la mesure plafonnant les marges sur les produits alimentaires de base (dont le pain blanc) ait été prolongée à plusieurs reprises et soit en vigueur jusqu'au 31 mars 2026, les discussions récentes visent à élargir et à affiner ces instruments afin de mieux protéger les transformateurs et producteurs roumains.

Soutien demandé aux autorités
Une proposition de l'industrie, soutenue depuis des années par des associations comme ROMPAN, vise à rendre obligatoire l'affichage transparent, en rayon, du prix d'achat (ou du coût de production correspondant) et de la marge commerciale appliquée par le distributeur. L'idée est simple et percutante pour informer le consommateur : celui-ci pourrait ainsi voir clairement la part revenant au producteur et celle constituant la marge du distributeur, ce qui lui permettrait de choisir en toute connaissance de cause et, éventuellement, de privilégier les produits garantissant une rémunération équitable pour les circuits courts. Un projet en ce sens a été initié et soumis au débat public par Autorité nationale pour la protection des consommateurs En 2025, l'ANPC (Autorité néerlandaise de la concurrence et de la consommation) a proposé que la marge soit affichée à côté du prix final, avec la même police, la même taille et la même couleur, aussi bien dans les magasins physiques qu'en ligne. Bien que le projet ait suscité des réactions mitigées (notamment des objections de la part de certaines associations de détaillants, qui ont évoqué des conséquences possibles sur la concurrence et la législation européenne), il demeure un sujet d'intérêt majeur dans le débat public et législatif.
Plus de transparence

Au-delà des solutions spécifiques, le véritable défi demeure la recherche d'un équilibre durable tout au long de la chaîne agroalimentaire. Les producteurs de pain ne réclament pas de privilèges, mais des conditions de concurrence équitables qui leur permettent de poursuivre leur activité et d'investir dans la modernisation – des investissements soutenus, de surcroît, par des dispositifs européens récents, tels que le DR-23, qui alloue 165 millions d'euros au secteur de la boulangerie pour la création de nouvelles unités et leur modernisation.
Le consommateur final, qui paie le prix affiché, mérite transparence et des produits de qualité à des prix raisonnables. Le producteur roumain, quant à lui, mérite une rémunération qui couvre ses coûts et lui permette de se développer. Le distributeur, maillon essentiel de la chaîne, a pour rôle de garantir l'accessibilité et la variété des produits, sans pour autant transférer intégralement les risques et les contraintes de coûts à ses fournisseurs.
En attendant que les solutions législatives promises se concrétisent et soient effectivement mises en œuvre, un dialogue ouvert entre toutes les parties prenantes – producteurs, distributeurs, autorités et consommateurs – demeure la voie la plus constructive. Le secteur de la boulangerie n’est pas qu’une simple activité commerciale : il est un pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie locale. Il mérite une attention particulière et des solutions équitables, et non de simples promesses.
Article rédigé par Gabriela Dan, rédactrice en chef Arta Albă
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